Milei : « L'État n'est qu'un grand fournisseur d'assurances, et il est mauvais »
Milei décortique le rapport des Européens à l’État
Le 21 septembre 2026, le compte X Nicolas 💸 (@NicolasQuiPaie) relayait une formule du président argentin Javier Milei tirée d’une interview récente : selon lui, l’État n’est rien d’autre qu’un grand fournisseur d’assurances, et un mauvais. Cette prise de position, adressée à un interlocuteur francophone qui l’interrogeait sur la culture étatiste française, résume en une phrase l’essentiel de l’argumentation que Milei développe depuis son arrivée au pouvoir.
Nicolas 💸@NicolasQuiPaie« L’État n’est qu’un grand fournisseur d’assurances. Et il est mauvais. » @JMilei
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La première chose que Milei pose sur la table, c’est une évidence que l’on oublie souvent de formuler : l’État ne fonctionne que parce qu’il peut contraindre. « Pour que l’État fonctionne, il faut le financer par le biais des impôts, dit-il. Et les impôts ne sont payés que de manière volontaire. Si jamais vous ne payez pas d’impôts, vous allez en prison. »
Ce n’est pas une provocation : c’est une description mécanique. L’impôt n’est pas une cotisation à laquelle on souscrit librement, comme on choisit une mutuelle ou un abonnement. C’est une obligation dont le refus expose à une sanction pénale. Milei le dit sans détour : « C’est quelque chose qui est obligatoire et qui restreint la liberté. »
Cette distinction compte. Quand un État prend de l’argent pour financer un service, il ne demande pas : il prélève. Et celui qui paie n’a pas la possibilité de refuser ce service, ni d’en choisir un autre. La question n’est donc pas de savoir si l’État fait des choses utiles, mais à quel prix de liberté il les fait.
La taille de l’État fausse les signaux
Le deuxième point de Milei concerne les effets économiques d’un État trop présent. « Cette présence de l’État a un effet de distorsion sur l’économie », explique-t-il. Et il précise : « Ce manque de coordination, c’est-à-dire l’énorme taille de l’État dans vos pays, chez vous, en Europe, dans son économie. »
Qu’est-ce qu’une distorsion, concrètement ? Quand l’État fixe un prix, subventionne un secteur ou interdit une pratique, il empêche les individus de transmettre et de recevoir les informations dont ils auraient besoin pour prendre les meilleures décisions. Une entreprise qui survit grâce à une subvention ne disparaît pas parce qu’elle n’est pas rentable : elle continue à mobiliser des ressources, du travail, du capital, qui auraient pu aller ailleurs, vers quelque chose de plus utile. Ce coût ne s’affiche nulle part dans les statistiques officielles. Il n’empêche pas d’exister.
En Europe, où la dépense publique représente en moyenne plus de 45 % du PIB dans les principaux pays membres, cette mécanique opère à grande échelle. Chaque euro redistribué par l’État est un euro dont un particulier ou une entreprise n’a pas décidé l’usage.
L’État comme assurance : une métaphore qui révèle le problème
C’est le troisième angle de l’argumentation de Milei, et sans doute le plus original. Il propose de voir l’État non plus comme un gouvernement ou une administration, mais comme un fournisseur d’assurances. Santé, retraite, chômage, logement : autant de risques que l’État promet de couvrir collectivement.
Le problème n’est pas l’intention. Personne ne conteste qu’il faille se protéger contre ces risques. Le problème est que l’assurance proposée par l’État n’est pas choisie, n’est pas concurrencée, et n’est jamais sanctionnée par la faillite quand elle fonctionne mal. Une compagnie d’assurance privée qui rembourse trop lentement, qui facture trop cher ou qui exclut arbitrairement ses clients perd des contrats. L’État, lui, continue à prélever quoi qu’il arrive.
L’interlocuteur de Milei soulève la spécificité française : en France, la centralité de l’État ne date pas d’une idéologie particulière mais de Louis XIV, soit de plusieurs siècles d’habitude politique. Milei ne conteste pas le constat. Il déplace simplement la question : l’ancienneté d’une pratique n’en garantit pas l’efficacité. Elle explique la difficulté à en sortir, pas sa légitimité.
Ce que le raisonnement de Milei pointe vraiment
La vraie cible de Milei n’est pas l’État en tant que tel, mais l’illusion que le fait de déléguer un risque à une institution le fait disparaître. Quand l’État prend en charge la retraite, le coût ne s’évapore pas : il est transféré sur les actifs d’aujourd’hui, puis sur ceux de demain. Quand il subventionne un secteur en difficulté, il retarde un ajustement que d’autres paieront plus tard, avec intérêts.
Ce que cette interview met en lumière, c’est une question simple que les sociétés européennes ont du mal à se poser : qui assume réellement le risque, et qui en supporte les conséquences quand le système ne tient plus ses promesses ? La réponse n’est jamais l’État. C’est toujours le contribuable, le cotisant ou le patient qui attend.