Trump à l'ONU : annihiler l'Iran ou un accord, le président américain pose la question devant le monde
Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, ce mardi 22 septembre 2026, Donald Trump a prononcé un discours centré en grande partie sur l’Iran, posant publiquement une alternative radicale : conclure un accord de paix ou détruire la République islamique. Le président américain a dressé un réquisitoire en règle contre Téhéran, évoquant son programme nucléaire, son soutien au terrorisme et la répression de sa propre population, avant de laisser planer une menace militaire explicite depuis l’une des tribunes les plus regardées au monde.
Aaron Rupar@atruparTrump to the UN: "Do I annihilate the Islamic Republic, and do it quickly? Do I drive them into hell?"
▶ Voir la vidéo sur XAaron Rupar, journaliste et commentateur politique suivi sur X sous le compte @atrupar, a rapporté en temps réel les mots de Trump, citant directement le président : “Do I annihilate the Islamic Republic, and do it quickly? Do I drive them into hell?”
Un refus de négocier que Trump qualifie de « grave erreur »
Dès le début de son intervention, Trump a rappelé le contexte diplomatique qui a précédé. À son retour à la Maison-Blanche, dit-il, il a proposé à l’Iran une coopération économique complète en échange de deux engagements : l’abandon du programme nucléaire et la fin du soutien aux groupes terroristes. Téhéran a refusé. Trump a qualifié ce refus de « grave erreur ».
Ce cadrage n’est pas neutre. Il positionne les États-Unis comme la partie qui a tendu la main, et l’Iran comme celle qui a choisi l’escalade. La suite du discours s’appuie entièrement sur cette lecture.
La bombe nucléaire et le bouclier de missiles balistiques
Trump a ensuite détaillé ce qu’il présente comme la stratégie militaire iranienne : développer un missile capable d’atteindre l’Europe, puis s’en servir comme couverture pour finaliser une bombe nucléaire. « Ils en étaient très fiers », a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il espérait que les Européens mesurent ce que cela signifie concrètement pour leur sécurité.
La logique décrite est celle d’un parapluie balistique : une fois la capacité de frappe longue portée acquise, un État peut développer l’arme nucléaire à l’abri de toute riposte extérieure. C’est ce scénario que Trump dit vouloir empêcher, sans préciser par quels moyens au-delà de la menace.
Le 7 octobre, trois ans après
Dans deux semaines, le 7 octobre 2026, cela fera exactement trois ans depuis l’attaque du Hamas contre Israël. Trump y a consacré un passage entier de son discours, rappelant que des « terroristes financés par l’Iran » ont tué 1 200 civils, dont des dizaines d’Américains et, selon ses mots, de nombreux bébés. Il a cité directement le Guide suprême iranien, qui aurait qualifié ce massacre de « service à l’humanité ».
Ce chiffre de 1 200 morts correspond aux bilans publiés par les autorités israéliennes après le 7 octobre 2023. Trump en fait un élément central de sa charge contre Téhéran, posant l’Iran comme le financier et l’instigateur politique de cette attaque.
72 000 morts parmi les citoyens iraniens
Trump a également mis en avant un chiffre frappant : le régime iranien aurait tué « plus de 72 000 de ses propres citoyens » au cours de l’année écoulée. Ce nombre n’a pas pu être vérifié de manière indépendante à ce stade par les grands médias internationaux. Trump s’en sert pour construire un portrait du régime en deux volets : violent à l’intérieur, agressif à l’extérieur. L’argument implicite est qu’un tel régime, doté de l’arme nucléaire, représenterait une menace d’une autre nature pour la région et pour le monde.
Le détroit d’Ormuz sous escorte américaine
Fait moins attendu dans ce discours, Trump a évoqué les opérations navales américaines dans le détroit d’Ormuz. La Marine des États-Unis escorte désormais entre 22 et 37 navires par jour et par nuit, a-t-il affirmé, et aurait récemment accompagné « plus d’un milliard de barils de pétrole » hors du détroit. Il a précisé que le volume de pétrole transitant par cette voie dépasse aujourd’hui tout ce qui a été mesuré depuis le début du conflit.
Ce passage illustre ce que cette confrontation coûte déjà, en hommes et en moyens, sans qu’aucun coup de feu ne soit officiellement échangé entre Washington et Téhéran.
« Les enverrai-je en enfer ? »
C’est la question que Trump a posée mot pour mot depuis la tribune de l’ONU. Il a formulé une alternative à trois branches : un accord qui permettrait à l’Iran de se reconstruire et de « devenir l’un des grands pays du Moyen-Orient et même du monde » ; ou la destruction rapide de la République islamique ; ou, dans ses propres termes, envoyer le régime « en enfer, sans aucune chance de survie ».
La formulation est délibérément théâtrale, mais elle dit quelque chose de réel sur l’état des négociations : il n’y en a pas. Trump n’a pas annoncé d’ultimatum daté, ni de conditions précises pour l’une ou l’autre voie. Il a posé la question, devant les caméras du monde entier, en laissant ouverte la réponse.
Ce qui est certain, c’est que chaque jour sans accord est un jour où la Marine américaine escorte des dizaines de navires dans l’un des passages les plus stratégiques de la planète, où l’Iran continue d’enrichir de l’uranium, et où la fenêtre pour une solution autre que militaire se réduit. Le discours de ce 22 septembre n’a pas fermé cette fenêtre, mais il a montré combien elle est étroite.