CPI : l'ambassadeur américain Bill White répond aux critiques de Maxime Prévot sur les sanctions de Washington
Le 9 octobre 2026, le secrétaire d’État américain Marco Rubio annonçait des sanctions financières élargies contre la Cour pénale internationale. Le même jour, le président du cdH et figure de proue de la diplomatie belge, Maxime Prévot, publiait sur X une condamnation ferme de ces mesures, promettant que la Belgique prendrait l’initiative de rassembler le soutien international à la CPI. Le lendemain, l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White (@BillWhiteUSA), lui répondait publiquement et sans détour.
Ambassador Bill White@BillWhiteUSAWe condemn the ICC and its sham prosecutions.
Their prosecutor should be in jail for sexual harassment.
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On Friday, October 9, 2026, U.S. Secretary of State Marco Rubio announced sweeping financial sanctions against the International Criminal Court (ICC),
Maxime PREVOT@prevotmaxime⚖️ I strongly condemn the new US sanctions against the International Criminal Court. Seeking to cripple the Court’s work denies victims a path to justice and puts those responsible for the gravest crimes beyond its reach.
At Belgium’s initiative, support for the ICC will be
Quand Washington coupe les vivres à la CPI
Les sanctions annoncées par Marco Rubio le 9 octobre 2026 visent à asphyxier financièrement la Cour pénale internationale. L’objectif affiché par l’administration américaine est clair : priver l’institution de sa capacité opérationnelle. Ce n’est pas la première friction entre Washington et La Haye, mais l’ampleur décrite comme « massive » par la presse internationale marque un durcissement notable.
La CPI fonctionne sur contributions des États membres et, dans une moindre mesure, sur des financements volontaires. Réduire ces flux, c’est concrètement ralentir les enquêtes, geler les procédures en cours et laisser des victimes sans perspective d’audience. Qui paie les conséquences ? Pas les États qui décident, mais les personnes dont les dossiers restent en suspens.
Prévot défend la Cour, White dénonce l’institution
Maxime Prévot a choisi d’écrire en anglais pour maximiser la portée de son message. Il « condamne fermement » les nouvelles sanctions américaines, estimant qu’elles privent les victimes d’un accès à la justice et placent les auteurs des crimes les plus graves hors d’atteinte. Il annonce que la Belgique prendra l’initiative de mobiliser un soutien international en faveur de la CPI.
La réponse de Bill White, publiée le 10 octobre 2026, est d’une autre nature. L’ambassadeur ne se limite pas à défendre la position de Washington : il attaque directement la crédibilité de l’institution. Il qualifie les poursuites de la CPI de « simulacres » et va jusqu’à affirmer que le procureur de la Cour « devrait être en prison pour harcèlement sexuel ». Des accusations graves, portées sans nuance dans l’espace public.
Ce que cache l’indignation de Prévot
La position de Maxime Prévot est cohérente avec son parcours : il n’a pas de mal à se ranger du côté des grandes institutions multilatérales, quelles que soient les questions que ces institutions soulèvent. Mais derrière l’indignation morale, quelques questions méritent d’être posées.
La CPI existe depuis 2002. En plus de vingt ans, elle a rendu une poignée de verdicts définitifs, pour un coût de fonctionnement qui dépasse le milliard d’euros sur la période. Ses procédures s’étendent sur des décennies. Ses poursuites frappent quasi exclusivement des ressortissants africains, ce que des gouvernements du continent dénoncent depuis des années. Aucun grand puissant, aucune démocratie occidentale impliquée dans des conflits armés n’a jamais été inquiétée par La Haye.
Ce n’est pas une raison de se réjouir que Washington sabote son financement. Mais c’est une raison de ne pas traiter comme une évidence le fait que soutenir la CPI, c’est automatiquement défendre les victimes. Une institution coûteuse, lente et sélective dans ses cibles n’est pas synonyme de justice : elle en a les attributs formels, pas nécessairement les effets.
Le vrai coût du réflexe multilatéral
Quand Maxime Prévot annonce que la Belgique prendra l’initiative de mobiliser le soutien international, il n’indique pas ce que cela représente concrètement pour le contribuable belge. Combien la Belgique verse-t-elle chaque année à la CPI ? Quelle part supplémentaire serait-elle prête à assumer si d’autres États se retirent ou réduisent leur contribution sous la pression américaine ? Ces chiffres ne figurent pas dans le tweet. Ils ne figurent presque jamais dans le discours de ceux qui appellent à « soutenir » une institution internationale.
La générosité avec l’argent public est facile quand on n’a pas à la défendre ligne par ligne devant des ménages qui paient leurs impôts et se demandent ce qu’ils en ont pour leur argent.
Une polémique qui dit quelque chose de plus grand
L’échange entre Bill White et Maxime Prévot illustre une tension qui dépasse la CPI. D’un côté, une administration américaine qui refuse de soumettre ses ressortissants à une juridiction qu’elle ne reconnaît pas, et qui le dit sans circonlocutions. De l’autre, une diplomatie belge réflexe, prompte à défendre le cadre institutionnel existant sans en examiner le bilan réel.
La question n’est pas de choisir entre Washington et La Haye. Elle est de savoir si l’on prend au sérieux les défaillances d’une institution avant de lui apporter un soutien inconditionnel, ou si l’on se contente de l’indignation de principe. Sur ce point, Maxime Prévot, une fois de plus, n’a pas semblé se poser la question.