L'IA réduit de 28 % les embauches en CDI des jeunes : ce que l'étude HEC révèle vraiment

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Le compte X de BFM Business (@bfmbusiness) a relayé ce vendredi 9 octobre 2026 une étude du Laboratoire de l’Innovation et du Futur du Travail (LIFT) d’HEC Paris, cosignée avec la Banque de France, qui documente un recul marqué des embauches de jeunes adultes dans les métiers exposés à l’intelligence artificielle générative. Selon BFM Business, les CDI des 21-29 ans auraient reculé de 22 % dans ces secteurs depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022.

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L'IA menace les emplois des jeunes 🤖🧒

Une étude de la Banque de France et d'HEC montre que l'IA générative torpille l'emploi des jeunes en France : les embauches en CDI des 21-29 ans reculent de 22 % dans les métiers les plus exposés.

🎙️Eva Serayol

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Ce que l’étude mesure concrètement

Les chiffres publiés par le LIFT d’HEC Paris sont précis. Depuis 2022, les embauches en CDI des 21-29 ans ont reculé de 28,3 % dans les métiers les plus exposés à l’IA générative, selon Capital.fr. Dans les métiers les moins concernés, ce recul tombe à 7,5 %. Tous types de contrats confondus, la baisse atteint 22,1 % dans les métiers les plus menacés, quand les secteurs préservés enregistrent une légère progression.

Ce qui frappe, c’est la gradation selon l’âge. L’écart entre métiers exposés et métiers protégés représente 20,8 points chez les 21-29 ans, puis s’amenuise progressivement pour ne plus représenter que 3,8 points après 50 ans. L’économiste Antonin Bergeaud, auteur de l’étude, le formule clairement dans Capital.fr : « Les salariés en début de carrière subissent donc l’ajustement le plus fort, et l’expérience semble protéger les plus âgés. »

Moins recruter suffit : le licenciement n’est pas nécessaire

Le mécanisme est simple, et c’est précisément pourquoi il est difficile à voir. Une entreprise qui confie à un outil d’IA les tâches habituellement réservées aux débutants n’a pas besoin de licencier qui que ce soit. Elle n’a qu’à ne pas remplacer les départs et à ralentir ses recrutements. Les effectifs totaux bougent peu, mais les nouvelles entrées se raréfient. C’est le marché du travail qui se fige en silence, sans plan social, sans annonce, sans chiffre visible dans les statistiques du chômage.

La fin de contrat en CDI pour les 21-29 ans dans les emplois les plus exposés baisse également de 23 %, toujours selon Capital.fr. Même les sorties deviennent rares : les postes qui se libèrent ne sont tout simplement pas rouverts.

Qui paie ? Pas l’entreprise, qui économise à court terme. Pas les salariés en place, dont les postes sont préservés. Ce sont les jeunes qui arrivent sur le marché, ceux qui n’ont pas encore de contrat à défendre, qui absorbent l’ajustement.

Une causalité difficile à établir, d’autres facteurs en jeu

L’étude elle-même pose une limite importante : elle ne permet pas de conclure que l’IA est seule responsable. D’autres phénomènes ont pesé sur le marché du travail depuis 2022 : le ralentissement économique général, la correction des recrutements dans le numérique après les excès de la période Covid, l’essor de l’apprentissage ou encore le développement du télétravail, qui a redistribué les besoins en main-d’œuvre.

Cette honnêteté méthodologique n’efface pas le constat : la corrélation entre exposition à l’IA et recul des embauches de jeunes est là, mesurable, et cohérente avec ce que les entreprises décrivent elles-mêmes de leur organisation du travail.

Le vrai risque : une génération qui n’apprend plus en faisant

Il y a un coût que les bilans comptables ne capturent pas. Les tâches confiées aux débutants ne sont pas seulement des tâches : elles sont le terrain sur lequel s’accumule l’expérience. Rédiger un premier rapport, traiter un dossier simple, corriger une erreur sous la supervision d’un senior. Ce sont ces répétitions qui forgent un professionnel.

Si l’IA prend en charge ces missions d’entrée de gamme, les entreprises réalisent une économie immédiate. Mais dans cinq ou dix ans, qui aura acquis les réflexes, les automatismes, la connaissance tacite du métier ? Antonin Bergeaud le dit sans détour dans Capital.fr : « Les entreprises économisent à court terme, mais l’accumulation d’expérience en pâtit. »

C’est le renoncement que personne ne compte : une génération de professionnels moins aguerris, parce qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de faire leurs premières erreurs dans un cadre formateur.

Ce que les jeunes ont intérêt à faire maintenant

Face à cette réalité, attendre que le marché s’adapte à son rythme est une stratégie coûteuse. Les métiers qui résistent sont ceux où l’expérience, le jugement et la relation humaine ne se délèguent pas facilement à un algorithme. Ce ne sont pas des métiers réservés à une élite : ce sont des compétences qui s’acquièrent, souvent hors des cursus traditionnels.

Maîtriser les outils d’IA eux-mêmes est une des voies les plus directes : ceux qui savent s’en servir ne sont pas en concurrence avec eux. Développer des capacités de coordination, de négociation, d’analyse critique ou de gestion de projet place les jeunes dans la partie du marché du travail que l’automatisation nourrit plutôt qu’elle ne l’érode.

Le monde de 2026 n’est pas celui de 2019. Les emplois de demain ne seront pas distribués à ceux qui maîtrisent le mieux ce qui fonctionnait hier. L’étude HEC ne dit pas que l’avenir est fermé : elle dit qu’il est différent, et qu’il récompensera ceux qui auront choisi de s’y préparer.