Trade Republic ouvre une succursale en Belgique et propose 3 % d'intérêts sur votre solde
Le 15 septembre 2026, Matthias Baccino (@MatthiasBaccino) a publié sur X un message remarqué dans la communauté des épargnants belges : selon lui, Trade Republic vient d’ouvrir une succursale en Belgique, franchit le cap des 100 000 clients dans le pays et lance une offre bancaire locale comprenant un compte courant gratuit, un IBAN belge et un taux d’intérêt de 3 % pour les nouveaux clients sur les soldes jusqu’à 50 000 euros. Il salue au passage la fin des complications fiscales qui pesaient jusqu’ici sur les utilisateurs belges de la plateforme. Son message est estampillé « collaboration commerciale ».
Matthias Baccino@MatthiasBaccino🇧🇪 Enfin finies les galères fiscales 🇧🇪 !
Trade Republic ouvre une succursale en Belgique, dépasse les 100 000 clients et lance une offre bancaire adaptée au marché local avec un compte courant gratuit, un IBAN belge et 3 % d'intérêts pour les nouveaux clients jusqu'à 50 000
▶ Voir la vidéo sur XCe que propose concrètement Trade Republic en Belgique
Trade Republic est une plateforme d’investissement et d’épargne fondée en Allemagne, aujourd’hui présente dans une vingtaine de pays européens. Jusqu’à présent, ses clients belges opéraient via la structure allemande, ce qui impliquait des démarches fiscales supplémentaires : déclaration de comptes étrangers, gestion manuelle des taxes sur les plus-values ou les dividendes.
L’ouverture d’une succursale locale change la donne sur deux points précis. D’abord, les formalités fiscales seraient prises en charge automatiquement, comme c’est la norme chez les courtiers et banques établis en Belgique. Ensuite, les clients disposent désormais d’un IBAN belge, ce qui simplifie les virements et évite les frais liés aux transactions transfrontalières.
L’offre commerciale mise en avant est un taux d’intérêt de 3 % par an, brut, réservé aux nouveaux clients, sur les soldes jusqu’à 50 000 euros. Trade Republic précise lui-même que ce rendement combine les intérêts versés par une banque partenaire, les dividendes d’un fonds de liquidité (exposé au risque de marché) et un complément financé par la plateforme. L’offre est susceptible d’être modifiée.
Ce que valent 3 % face à l’inflation et aux alternatives
Pour juger si 3 % représente une opportunité réelle, il faut le comparer à ce que rapportent les placements accessibles à un épargnant belge ordinaire, et à ce que l’inflation leur retire.
Le compte épargne réglementé reste le placement le plus répandu. Le taux de base légal minimal est fixé par l’État ; les grandes banques traditionnelles s’y collent souvent au plus juste, autour de 0,75 % à 1,75 % selon les établissements en 2026. Avec une inflation encore présente, le rendement réel, c’est-à-dire ce qui reste après que la hausse des prix a grignoté votre pouvoir d’achat, est négatif ou à peine positif. Votre argent dort, et il maigrit.
Les bons d’État belges ont connu un regain d’intérêt spectaculaire depuis l’émission de septembre 2023, qui avait attiré plus de 22 milliards d’euros de souscriptions. Les émissions suivantes ont proposé des rendements inférieurs, autour de 2,5 à 3 % brut selon les maturités. Le bon d’État présente un avantage : le capital est garanti par l’État belge. L’inconvénient est l’immobilisation de l’argent sur une durée fixe, et le taux reste comparable, voire légèrement inférieur, à ce que propose aujourd’hui Trade Republic pour les nouveaux clients.
L’épargne-pension suit une logique différente : l’avantage fiscal (une réduction d’impôt sur les versements) est réel, mais les fonds sont bloqués jusqu’à 60 ans minimum et la performance dépend des marchés financiers. Sur longue période, les rendements historiques ont été positifs en termes réels, mais avec une volatilité notable.
Les actions restent le placement qui a le mieux préservé et augmenté le pouvoir d’achat sur des horizons longs, selon toutes les études disponibles. Mais elles exigent de supporter des baisses parfois sévères sur le court terme, ce que beaucoup d’épargnants ne peuvent pas ou ne veulent pas faire.
Pourquoi l’installation locale d’une plateforme concurrente est une bonne nouvelle
Quand une banque ou une plateforme d’investissement s’installe en Belgique, elle ne distribue pas simplement un nouveau produit : elle force les acteurs en place à justifier leurs tarifs et leurs services. Un compte épargne rémunéré à moins de 1 % dans une grande banque traditionnelle devient beaucoup plus difficile à défendre face à une offre à 3 %, surtout quand celle-ci intègre des fonctionnalités d’investissement en actions ou en ETF.
Le consommateur gagne à cette concurrence, non pas parce qu’une autorité lui a octroyé un meilleur taux par décret, mais parce qu’un acteur supplémentaire se bat pour attirer ses dépôts. C’est le mécanisme qui a conduit les banques traditionnelles à relever leurs taux d’épargne plus vite en 2023, sous la pression combinée des bons d’État et de la montée des néobanques.
Ce qu’il faut lire attentivement avant d’ouvrir un compte
Trois points méritent l’attention d’un épargnant qui examine cette offre.
- Le taux de 3 % est réservé aux nouveaux clients et s’applique aux soldes jusqu’à 50 000 euros. Il inclut un complément versé par Trade Republic lui-même, qui peut être supprimé ou réduit à tout moment.
- La partie « dividendes du fonds de liquidité » est exposée au risque de marché : ce n’est pas un taux garanti dans sa totalité, contrairement à un bon d’État ou à un compte épargne réglementé.
- Les réclamations passent par [email protected] ; en cas de litige non résolu, l’Ombudsfin ([email protected]) est compétent.
La prise en charge automatique de la fiscalité belge, si elle se confirme dans la pratique, est le vrai changement structurel. Ce n’est pas le taux d’intérêt, susceptible d’évoluer, qui fidélise un client sur le long terme : c’est la simplicité administrative. Pour des dizaines de milliers de Belges qui investissaient déjà via la plateforme allemande et devaient gérer seuls leur déclaration, c’est une simplification concrète et immédiate.