Bouchez contre de nouveaux impôts : une promesse sous haute tension avant le kern budgétaire

Illustration : Bouchez contre de nouveaux impôts : une promesse sous haute tension avant le kern budgétaire

Le kern de lundi, révélateur d’un bras de fer qui couvait depuis des mois

Georges-Louis Bouchez, président du MR, a publié dimanche 20 septembre 2026 sur son compte X (@GLBouchez) un message dans lequel il défend la position de son parti sur la fiscalité et interpelle directement ses partenaires flamands de coalition. Son ton est ferme : les caisses sont vides, cela ne fait aucun doute, mais la réponse ne peut pas être, selon lui, de ponctionner davantage les citoyens. Ce message intervient à quelques heures d’un conseil des ministres restreint convoqué pour lundi matin, dès 10h00, pour plancher sur le budget 2027.

Georges-L BOUCHEZ@GLBouchez

Nous n’avons pas besoin de leçons pour expliquer que les caisses sont vides. Nous le répétons sans cesse.
Par contre, il est utile que le parti libéral explique aussi aux responsables politiques flamands qu’il faut arrêter de lever toujours plus d’impôts et de faire mal à la

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Post de Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez), le 20 septembre 2026

Ce kern arrive au terme de mois de préparation. Le Premier ministre Bart De Wever a remis à ses partenaires une note de départ sur le budget 2027. « En principe, cette note ne réserve aucune surprise. Nous y travaillons depuis des mois », a-t-il déclaré dimanche depuis Plopsaland La Panne, où se tenait la journée des familles de la N-VA. Mais il a aussitôt prévenu : les positions des différents partis sont « très éloignées » et l’exercice s’annonce « particulièrement difficile », selon La Libre.


La Belgique, championne des prélèvements : un fait que personne ne conteste vraiment

Bouchez a raison sur un point que même ses adversaires politiques n’osent plus vraiment nier : la Belgique figure parmi les pays où la pression fiscale et parafiscale sur les revenus du travail est la plus élevée au monde. Ce n’est pas une posture idéologique, c’est une réalité arithmétique que mesurent chaque année les organismes internationaux. Le travailleur belge coûte cher à son employeur et reçoit peu dans sa poche. L’écart entre ce que paie l’entreprise et ce que perçoit le salarié est l’un des plus importants d’Europe.

C’est précisément dans ce contexte que certaines pistes budgétaires discutées au sein de la coalition posent problème. Parmi les options sur la table, on évoque une hausse de la TVA et la suppression ou la limitation des avantages liés aux voitures de société. Ces deux mesures méritent qu’on s’y arrête, parce qu’elles touchent des mécanismes bien précis.


La TVA et les voitures de société : deux taxes qui ne disent pas leur nom

La hausse de la TVA s’applique à la consommation. Elle frappe tout le monde, mais elle pèse proportionnellement plus lourd sur les ménages aux revenus modestes, qui consacrent une part plus importante de leur budget à acheter des biens et des services. Dans un pays où l’inflation a déjà rogné le pouvoir d’achat depuis 2022, augmenter la TVA revient à taxer davantage ceux qui ont le moins de marge de manœuvre. Et contrairement à l’impôt des personnes physiques, personne ne voit la ligne sur sa fiche de paie : c’est une ponction invisible, donc politiquement commode.

La suppression des avantages liés aux voitures de société est présentée comme une mesure d’équité. Elle l’est peut-être entre salariés. Mais elle omet une donnée de contexte essentielle : cet avantage existe précisément parce que le salaire net belge est structurellement peu attractif. Les entreprises ont contourné le problème par la rémunération en nature, voiture de société en tête, pour fidéliser et recruter sans se heurter à un mur fiscal. Supprimer l’avantage sans toucher au mur revient à amputer le seul outil de compensation qui fonctionnait, sans offrir d’alternative. Le coût, in fine, retombe sur le salarié ou sur la capacité des entreprises à recruter.

Dans les deux cas, le mécanisme est le même : on cherche des recettes supplémentaires par la voie la plus rapide, sans se demander ce que les gens feront en réponse. Consommer moins. Négocier autrement. Partir travailler ailleurs, pour ceux qui en ont la possibilité.


Le gouvernement va-t-il tenir ?

La question que soulève le post de Bouchez est en réalité triple. Le gouvernement Arizona va-t-il survivre à ce kern si les positions restent aussi éloignées ? Les partenaires flamands de la coalition vont-ils accepter de chercher des économies plutôt que des recettes ? Et Bouchez lui-même, au moment où la pression monte, va-t-il devoir lâcher du lest pour éviter une crise gouvernementale ?

De Wever a lui-même reconnu que « les discussions ne seront peut-être pas faciles au début », tout en insistant sur la nécessité d’« aller de l’avant » pour respecter les délais, selon La Libre.

La réponse, nous l’aurons très probablement dans les prochaines heures. Ce qui est déjà clair, c’est que la facilité budgétaire a un coût. Pas pour ceux qui votent les mesures, mais pour ceux qui les subissent. Et en Belgique, ces derniers ont déjà largement payé leur part.