Prélèvements dans les cuves de Doel 3 et Tihange 2 : la prolongation des réacteurs rendue beaucoup plus difficile
Des prélèvements qui compliquent l’avenir des réacteurs
L’hiver dernier, Engie a réalisé des forages dans les cuves des réacteurs de Doel 3 et de Tihange 2 à la demande de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire et de l’Ondraf. Ces prélèvements visaient à établir un inventaire radiologique précis afin de préparer le tri et le traitement des déchets lors du démantèlement. Ils ont été effectués sur des portions d’acier très fines, à l’intérieur de la gaine qui entoure chaque cuve.
Des résultats qui rendent un redémarrage improbable
Les premiers retours d’analyse indiquent que les opérations réalisées sur les cuves rendent leur réutilisation très incertaine. Un redémarrage exigerait, selon plusieurs sources, le remplacement intégral de la cuve, une opération sans précédent dans le monde. Le cabinet du ministre de l’Énergie confirme que les travaux d’évaluation technique et financière sont toujours en cours, mais les données disponibles laissent peu de place à une prolongation.
Un contexte de pénurie d’électricité qui persiste
La Belgique fait face à une demande croissante d’électricité et à des besoins industriels importants. Dans ce contexte, la fermeture définitive de deux réacteurs déjà construits et capables de produire une électricité bas carbone constitue une perte de capacité disponible. Les acteurs du marché savent que de nouveaux projets de production prennent du temps et nécessitent des investissements considérables.
Les origines d’une décision politique ancienne
La fermeture programmée de ces réacteurs s’inscrit dans une loi adoptée il y a plus de vingt ans. Cette législation a été portée par des coalitions marquées par une forte influence écologiste, soutenue par des intérêts du secteur gazier. L’argument principal reposait sur la nécessité de réduire les risques et d’orienter la production vers des sources renouvelables.
Les conséquences économiques d’une fermeture anticipée
Fermer des centrales encore opérationnelles oblige le pays à importer de l’électricité ou à recourir à des unités de production au gaz plus coûteuses et plus émettrices. Ces choix pèsent sur les factures des ménages et sur la compétitivité des entreprises. Ils créent également une dépendance accrue aux importations, dont les prix varient selon les conditions internationales.
L’approche libérale face aux choix énergétiques
Les théoriciens libéraux considèrent que la production d’énergie doit être guidée par les signaux de prix et par la responsabilité des propriétaires des installations. Ils soulignent que les décisions politiques qui imposent des fermetures sans tenir compte des coûts réels ni des alternatives disponibles finissent par pénaliser les consommateurs et les contribuables. La propriété privée des actifs incite les opérateurs à en maximiser la valeur sur la durée, à condition que les règles du jeu restent stables.
Ce qu’il aurait fallu faire
Plutôt que d’imposer une date de fermeture fixe, il aurait fallu laisser aux propriétaires des réacteurs la responsabilité d’évaluer la rentabilité d’une prolongation en fonction des normes de sûreté et des besoins du marché. Les pouvoirs publics auraient pu se limiter à fixer des exigences techniques claires et à garantir un cadre réglementaire prévisible. Cette approche aurait permis de conserver la capacité de production existante tant qu’elle restait économiquement viable, tout en évitant les subventions massives nécessaires pour remplacer rapidement les unités fermées.
La leçon pour la politique énergétique belge
Les prélèvements réalisés dans les cuves de Doel 3 et Tihange 2 illustrent les conséquences concrètes d’une décision politique prise sans évaluation économique approfondie. Lorsque l’État retire aux opérateurs la liberté d’exploiter leurs actifs tant que ceux-ci respectent les normes, il crée des pénuries artificielles et des coûts supplémentaires pour la collectivité. Une politique plus respectueuse des mécanismes de marché aurait consisté à maintenir ouvertes toutes les sources d’électricité bas carbone tant qu’elles demeuraient sûres et compétitives.