Le Panama retiré de la liste noire fiscale de l'UE : l'ECOFIN acte la décision le 9 octobre 2026

Illustration : Le Panama retiré de la liste noire fiscale de l'UE : l'ECOFIN acte la décision le 9 octobre 2026

L’UE retire le Panama de sa liste noire des paradis fiscaux

Le Conseil des ministres de l’économie et des finances de l’Union européenne (ECOFIN) a officialisé, ce vendredi 9 octobre 2026, le retrait du Panama de la liste noire des juridictions non coopératives en matière fiscale. Le Viêt Nam bénéficie de la même décision. Les deux pays passent sur la liste dite « grise », réservée aux États qui ont pris des engagements formels envers l’UE, sans les avoir encore pleinement honorés. Cette décision fait suite à une recommandation du groupe « code de conduite », l’instance du Conseil chargée de surveiller les pratiques fiscales dommageables, et à un feu vert donné par les ambassadeurs des États membres le 30 septembre 2026, selon Agence Europe.

Ce que signifie concrètement passer de la liste noire à la liste grise

La liste noire de l’UE, officiellement appelée liste des juridictions non coopératives à des fins fiscales, recense les pays qui refusent de jouer le jeu de la transparence fiscale internationale. Y figurer entraîne des conséquences tangibles : les États membres sont invités à appliquer des mesures défensives, et les fonds européens ne peuvent en principe pas transiter par ces territoires.

Le passage en liste grise n’est pas une réhabilitation totale. C’est une mise sous surveillance assortie d’une promesse. Le pays concerné s’engage à réformer, et l’UE attend que ces engagements se concrétisent avant un éventuel retrait définitif de toute surveillance.

Dans le cas du Panama, ce retrait de la liste noire intervient après que le pays a formulé une demande d’audit international sur l’échange d’informations fiscales à la demande, selon le rapport du groupe « code de conduite » daté du 25 septembre 2026 et consulté par Agence Europe. Autrement dit, Panama accepte désormais qu’un regard extérieur examine si ses autorités répondent bien aux demandes d’informations formulées par d’autres États.

Le Panama figurait sur cette liste noire depuis 2020, soit six ans de bras de fer avec Bruxelles.

Le Viêt Nam, inscrit seulement depuis février 2026, obtient lui aussi sa sortie

Le cas du Viêt Nam est plus récent. Le pays avait été ajouté à la liste noire en février 2026, selon Agence Europe qui cite le document de référence EUROPE 13810/3. Il aura donc fallu moins d’un an pour que Hanoï actionne le mécanisme permettant de sortir de cette catégorie, en effectuant la même démarche que Panama : une demande d’audit international sur l’échange d’informations fiscales.

La rapidité de ce retrait soulève une question légitime : si une simple demande d’audit suffit à quitter la liste noire, quelle pression réelle cette liste exerce-t-elle sur les États récalcitrants ? La réponse se lira dans les mois qui viennent, au moment de vérifier si les deux pays honorent effectivement leurs engagements ou si leur inscription en liste grise s’éternise sans conséquence.

Belize aussi : un retrait de la liste grise validé par l’ECOFIN

La même réunion du 9 octobre 2026 a également entériné le retrait du Belize de la liste grise. Les experts du Conseil avaient constaté des progrès suffisants de la part du pays sur l’échange d’informations à la demande, selon Agence Europe. Belize quitte donc toute surveillance formelle de l’UE en matière fiscale.

D’autres pays en liste grise ont également fait l’objet d’une évaluation positive sans pour autant décrocher un retrait immédiat. Le Monténégro et Brunei ont enregistré des avancées, respectivement sur l’échange d’informations et sur la modification de leur régime fiscal, mais le groupe « code de conduite » ne jugeait pas ces progrès suffisants pour les libérer de la liste.

Ce que cette décision révèle sur le fonctionnement réel du dispositif

Le mécanisme mis en lumière par cette actualité est instructif. L’UE dispose d’un outil de pression diplomatique, mais son efficacité repose entièrement sur la volonté des pays tiers de coopérer après avoir effectué les démarches formelles requises. Personne à Bruxelles ne peut vérifier en temps réel si un fonctionnaire panamien transmet ou non les documents demandés par une administration fiscale belge ou allemande.

Ce qui compte donc, ce n’est pas l’inscription ou le retrait d’une liste : c’est la qualité des échanges d’informations dans la durée. Le contribuable européen qui cherche à savoir si son argent est réellement mieux protégé contre l’évasion fiscale depuis cette décision devra attendre les prochains bilans du groupe « code de conduite » pour avoir une réponse honnête.

Le retrait du Panama de la liste noire constitue néanmoins un signal positif après six années de blocage. Si les audits internationaux demandés se tiennent et que les informations circulent effectivement, la décision du 9 octobre 2026 aura eu un sens. Sinon, elle restera une concession diplomatique de plus dans un dossier qui en compte déjà beaucoup.