Manchester City déclaré coupable de 114 des 115 infractions financières reprochées par la Premier League

Illustration : Manchester City déclaré coupable de 114 des 115 infractions financières reprochées par la Premier League

Le Manchester City se trouve ce vendredi 25 septembre 2026 au bord d’une sanction sans précédent dans l’histoire du football anglais. Selon le journaliste David Ornstein du The Athletic, le club mancunien a été déclaré coupable de 114 des 115 infractions financières pour lesquelles il était poursuivi par la Premier League. Ni le club ni l’instance dirigeante du championnat anglais n’ont communiqué officiellement à ce stade, mais la nature des sanctions encourues donne déjà le vertige.

Une procédure hors norme pour un dossier hors norme

Tout commence en février 2023, lorsque la Premier League décide de confier l’examen des faits à une commission indépendante, chargée d’étudier « impartialement » les nombreuses preuves réunies contre le club. La décision de traiter ce cas en dehors des procédures habituelles était déjà un signal : le volume des accusations, leur gravité et la période couverte dépassaient largement ce que l’instance avait eu à traiter auparavant.

Depuis le début de l’affaire, la direction du Manchester City, avec à sa tête le président Khaldoon Al Mubarak, a toujours nié toute irrégularité. Le club a coopéré à sa manière, tout en maintenant une ligne de défense constante : celle de l’innocence totale. Le verdict rendu aujourd’hui réduit cette position à une seule infraction non retenue sur 115, ce qui constitue, en toute objectivité, un rejet quasi complet de cette défense.

Ce que les règles prévoient comme punition

Le règlement de la Premier League, en son article W.51, prévoit un éventail de sanctions qui va de la simple réprimande à l’exclusion du championnat. Entre ces deux extrémités, deux options sont particulièrement scrutées en ce moment.

La première est la déduction de points, qui peut s’appliquer au classement actuel ou, et c’est là que tout se complique, de manière rétroactive. Une déduction rétrospective signifierait que des titres obtenus durant la période des infractions pourraient être retirés au club. Durant les années concernées, Manchester City a remporté plusieurs Premier League, des FA Cup, la League Cup à quatre reprises et une Community Shield, toujours selon Mundo Deportivo.

La seconde option est une combinaison de déduction de points et d’amendes financières. Le règlement précise que toute sanction doit être « proportionnelle aux infractions ». Avec 114 manquements retenus, la notion de proportionnalité risque de conduire à une peine d’une ampleur jamais vue. L’exclusion pure et simple de la Premier League reste théoriquement possible, même si elle paraît, à ce stade, une hypothèse extrême.

Un club que l’UEFA avait déjà dans le viseur

Ce n’est pas la première fois que Manchester City se retrouve au centre d’une enquête financière majeure. L’UEFA avait prononcé une sanction de deux ans d’exclusion des compétitions européennes assortie d’une amende de 30 millions d’euros, à la suite de documents révélés par Football Leaks et publiés par Der Spiegel. Le Tribunal Arbitral du Sport avait finalement annulé cette exclusion, estimant que les faits étaient soit prescrits, soit insuffisamment établis pour justifier une telle peine. Le City avait néanmoins écopé d’une amende d’environ 10 millions d’euros pour défaut de coopération avec l’UEFA lors de l’instruction.

La procédure de la Premier League est d’une nature différente : elle porte sur des infractions aux règles financières propres au championnat anglais, couvre une période plus longue, et la commission indépendante dispose de pouvoirs étendus. Le précédent du TAS ne constitue donc pas un bouclier pour la suite.

Ce que ce verdict dit concrètement

Il y a une mécanique simple à comprendre ici. Les règles financières d’un championnat existent pour garantir que les clubs ne dépensent pas plus que ce qu’ils gagnent réellement, et qu’ils déclarent leurs revenus sans les gonfler artificiellement. Lorsqu’un club contourne ces règles, il se procure un avantage concurrentiel que les autres clubs paient de leur poche, en recrutant moins bien, en investissant moins, parfois en étant relégués à la place de celui qui trichait.

Si les infractions retenues correspondent à ce que l’accusation a décrit depuis 2023, alors les titres remportés par Manchester City durant cette période l’ont été dans des conditions que ses adversaires n’avaient pas. Ce n’est pas un jugement de valeur sur les joueurs ou le staff : c’est une conséquence mécanique des règles du jeu faussées.

La saison dernière, sous Pep Guardiola pour sa dixième et dernière saison sur le banc mancunien, le club avait terminé deuxième derrière Arsenal. Cette saison, avec Enzo Maresca comme entraîneur, il a débuté par une série de victoires. La commission devra maintenant fixer la sanction. Et c’est là que tout reste à écrire.